| 2008 | | Garcia-Prieto, P. L’émotion intergroupe [integroup emotion]. (2008). In, D. Sander & K.R. Scherer (Eds.), Traité de la Psychologie des Emotions. [Handbook of Emotion Psychology]. Dunod. | |
| 2007 |   | Garcia-Prieto, P., Mackie, D., Tran, V., & Smith, E. (2007). Intergroup emotions in work groups: Some antecedents and performance consequences of belonging. In M.A. Neale, E. Mannix, & C. Anderson (Eds.), Affect and Groups (series Research on Managing Groups and Teams). Amsterdam: Elsevier. | |
| | | In this chapter we apply Intergroup Emotion Theory (IET; Mackie, Devos & Smith, 2000) to reflect on the conditions under which individuals may experience intergroup emotions in workgroups, and to explore some possible consequences of those emotions. First, we briefly outline IET and describe the psychological mechanisms underlying intergroup emotion with a particular emphasis on the role of social identification. Second, we describe some of the antecedents of shared and varied social identifications in workgroups which may in turn elicit shared or varied intergroup emotions in workgroups. Finally, we consider potential consequences for both relationship and task outcomes such as organizational citizenship behavior, workgroup cohesion, relationship and task conflict, issue interpretation and information sharing. |
| 2006 | | Garcia-Prieto, P., & Scherer, K. (2006). Connecting social identity theory to cognitive appraisal theory of emotions. In R. Brown, D. Capozza (Eds.), Social identities: Motivational, emotional, cultural influences. Hove, UK, Psychology Press, 2006. | |
| 2005 |   | Garcia-Prieto, P., Tran. V, & Wranik, T. (2005) Les théories de l’évaluation et de la différenciation des émotions : une clé pour comprendre le vécu émotionnel des individus au travail [Appraisal theories of emotion: a key to understand emotion in the workplace] In: O. Herrback et K. Mignonac (Eds.) Les Émotions au Travail, Recherches en Comportement Organisationnel. [Emotion in the workplace: Research in organizational behavior]. De Boeck: Paris. | |
| | | Les émotions au travail
C’est un vendredi après-midi, vous venez d’avoir une semaine chargée, vous avez travaillé presque tous les soirs jusqu’à 20h00. Vous vous réjouissez de pouvoir vous relaxer enfin et de passer du temps avec votre famille et vos amis. À 17h30, votre collègue entre dans votre bureau et vous demande ce que vous allez faire pendant le week-end, et vous lui racontez vos plans. Il vous annonce alors très fièrement qu’il travaillera ce week-end : « Tu sais, en ce moment, la direction est en train de décider qui va recevoir une promotion et je voudrais faire bonne impression ». Comment vous sentez-vous à ce moment-là ?
Nos vies sont remplies de situations similaires à celle-ci, mais elles peuvent aboutir à différents types d’émotions ou à pas d’émotions du tout. Ce que vous ressentirez ne dépendra pas de la situation, mais plutôt de l’évaluation que vous allez faire de cette situation. Par exemple, si obtenir une promotion est à ce moment de l’incident un objectif important pour vous, vous vous sentirez alors tiraillé(e) entre votre besoin de passer un week-end agréable et votre besoin de rester au travail de sorte que votre collègue ne fasse pas meilleure impression que vous. Le conflit pourrait vous faire sentir frustré(e) ou anxieux(se). Vous pourriez aussi vous sentir coupable parce que vous avez promis à vos enfants de les amener au cinéma. Ou vous pourriez utiliser votre expérience passée concernant votre collègue et vous rappeler que malgré toutes les heures qu’il passe au bureau, il n’est en fait ni très efficace, ni très productif. De plus, vous pourriez vous sentir confiant(e) de la qualité de votre travail qui devrait parler pour vous et passer un week-end au bureau ne devrait pas impressionner la direction. Dans ce cas, vous vous sentirez soulagé(e) et vous réjouirez à l’avance de votre week-end et vous vous sentirez même désolé(e) pour votre collègue. Ces exemples démontrent simplement que, pour une même situation, plusieurs scénarios émotionnels sont possibles.
Dans ce chapitre, notre objectif est de contribuer à une meilleure compréhension du vécu émotionnel au sein des organisations, sous un angle encore peu exploité : celui des théories de l’évaluation cognitive (cognitive appraisal) et de la différenciation des émotions (Frijda, 1986 ; Roseman, 1984, 1991 ; Scherer, 2001 ; Smith & Ellsworth, 1985). Tant les chercheurs que les managers ont besoin de mieux comprendre comment les individus évaluent différentes situations de travail et comment leur personnalité, leur motivation, leurs expériences passées, l’entité à laquelle ils appartiennent, ainsi que les normes et la culture de l’entreprise, peuvent influencer ces évaluations et les émotions et les comportements qui s’en suivent. Par conséquent, nous nous attacherons à expliquer l’approche théorique de l’évaluation cognitive et de la différenciation des émotions, tout en indiquant comment les résultats empiriques émanant de la recherche en psychologie de l’émotion peuvent être transférés à un contexte organisationnel. Nous donnerons des exemples d’occurrences émotionnelles ainsi que leurs conséquences comportementales dans un contexte organisationnel. Nous passerons en revue un des rares modèles dans le domaine du comportement organisationnel à s’être basé sur la théorie de l’évaluation cognitive, à savoir la théorie des événements affectifs (Affective Events Theory) de Weiss et Cropanzano (1996), ainsi que les résultats empiriques soutenant ce modèle très prometteur.
Notre contribution à ce courant de recherche pourra être vue comme une intégration des derniers développements dans le domaine de la recherche sur les émotions qui peut être appliquée au domaine du comportement organisationnel, et ce à trois niveaux d’analyse : au niveau des individus, des groupes et de l’ensemble de l’entreprise. Au niveau individuel, nous illustrerons comment la personnalité, la motivation et d’autres différences interindividuelles peuvent influencer les évaluations, et peut-être même tenter d’expliquer pourquoi certaines personnes ressentent de l’anxiété ou de la colère, ou pourquoi certaines situations engendrent systématiquement les mêmes émotions chez la plupart des personnes. Au niveau du groupe, nous examinerons comment l’interaction entre notre sentiment d’appartenance à un groupe ou, en d’autres termes, notre identité sociale et les évaluations que nous faisons des événements peuvent nous permettre de rendre compte des réactions émotionnelles en tant que membre d’un groupe et envers des groupes. Au niveau de l’organisation, nous présenterons aussi les implications de la théorie de l’évaluation cognitive et de la différenciation des émotions sur la formation collective de l’émotion. Nous développerons en particulier le concept de climat émotionnel.
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